Lu pour vous

Article lu dans le journal le Courrier de l’Ouest du 8 Janvier 2017

La boule sous drapeau tricolore ?

Malade, la boule de fort l’est assurément. La constitution d’une Fédération française lui permettra-t-elle de sortir de l’ornière ? Les sociétaires se prononceront le 16 septembre, à Saint-Barthélemy-d’Anjou.

L’homme se lève, lassé des débats qui tournent en rond. Il se roule une cigarette en maugréant. « Une fédération unique ne changera rien, dit-il en sortant de la salle. La Fédération de boule de l’Ouest est bien suffisante. Le département d’Indre-et-Loire dispose de 37 sociétés aux adhérents de plus en plus vieillissant. Dans 10 ans, je ne suis pas certain qu’il restera beaucoup de sociétés. »

La Fédération de boule de l’Ouest tenait son assemblée générale annuelle, hier, près de Beaufort-en-Vallée, à Mazé, siège de ladite fédération. Cette dernière rassemble près de 95 % des 384 sociétés de boule de fort de l’Ouest. L’avis des présidents de sections était évidemment attendu de pied ferme, notamment par les membres de la commission de refonte des statuts. « Si le vote est contre, je m’en vais », prévient un membre de cette commission.

L’ambiance s’électrise. Des esprits s’échauffent

Jean-Claude Chauvat, président du Cercle Saint-Paul à Saint-Barthélemy-d’Anjou et responsable de cette commission de refonte des statuts, détaille les objectifs. L’idée n’est pas qu’une fédération actuelle se substitue aux autres déjà existantes, mais de créer une autre entité : une véritable Fédération française de boule de fort.

« Cette instance nationale doit fédérer toutes les sociétés connues ou à venir. Cette fédération doit s’apparentée à une fédération sportive, en respectant l’autonomie des sociétés, où le pouvoir appartient à ces mêmes sociétés, énumère Jean-Claude Chauvat. Son rôle essentiel sera d’assurer la promotion de la boule de fort. » Et aussi de toucher quelques rondelettes subventions. En devenant Fédération française, la boule pourra aussi bénéficier de certaines aides de l’Union européenne.

L’ambiance s’électrise. Certains esprits s’échauffent, tandis que d’autres appellent à la raison. Dans la salle, une cinquantaine de personnes sont présentes. Ce qui frappe : c’est la présence d’une femme… une seule. Preuve que le milieu de la boule de fort reste encore très misogyne. Trop sans doute. Mais quelle est donc la proportion de femmes parmi les 30 000 sociétaires recensés par la Fédération de l’Ouest ? « Je ne sais pas. Je n’ai jamais fait le calcul », avoue Patrice Bodet, le secrétaire, qui a pourtant recensé « 40 présidentes de société de boule. » Sur 384 sociétés, on est bien loin de la parité.

La parité, parlons-en justement. Les statuts de cette Fédération française prônent une élection du bureau par un scrutin de liste. L’assemblée générale d’hier a fortement insisté pour que cette liste tienne compte de la répartition géographique des sociétés. Personne n’a réclamé que cette liste oblige une proportion de femmes. « C’est vrai cela, se rend compte un sociétaire. Ce sera le travail de la commission de la réforme des statuts qui va donc poursuivre son travail, en établissant un règlement intérieur. »

L’assemblée générale de la Fédération de boule de fort de l’Ouest a en effet voté par 42 voix la poursuite de la réflexion du groupe de travail. Deux présidents de section ont voté contre ; 7 se sont abstenus. « Ouf », souffle Jean-Noël Mouche, président de la Fédération du Segréen. « La boule a besoin de cette fédération française pour être redynamisée », signale Jean-Claude Chauvat.

La boule de fort est au Val de Loire ce que la pétanque est à la Provence. Si tant est que ce jeu typiquement ligérien est malade. Les sociétaires vieillissent et les nouvelles générations se désintéressent de ces lieux.

Quoi qu’il en soit, cette Fédération française de boule de fort semble bien partie. Les sociétaires auront cependant le dernier mot lors de l’assemblée générale constitutive, samedi 16 septembre, au THV à Saint-Barthélemy-d’Anjou. 300 personnes sont attendues.

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